Cuisine x Fabrication Numérique

Petit point d’alerte : Cet article fait partie du dossier Cuisine de décembre dernier.  Il s’agit d’une expérimentation maker autour de l’alimentaire. De fait, je n’ai pas toutes les clés sur les impacts réels sur notre santé. Il s’agit de pistes de réflexion, de tests et non pas d’un tutoriel pour reproduire cela de votre côté. Par contre, cet article est comme toujours une invitation à faire ensemble : alors commentez et partagez qu’on puisse savoir et faire !

Cuisiner avec des outils numériques… une galère à penser et à faire ! Je n’ai ni le talent dans l’art de cuisiner, ni une grande connaissance technique dans le domaine et encore moins les outils pour réaliser une cuisine dite maker. Et puis, ce serait quoi une cuisine maker ?

Du numérique dans ma cuisine

A force de réfléchir, je me suis rendu compte que le numérique avait (comme dans de très nombreux domaines) envahit nos cuisines, professionnels ou non :

  • Les outils de cuisson ou de mesures de plus en plus poussés,
  • Des robots qui font tout pour nous,
  • Des livres de recettes en ligne intégrant même de l’intelligence artificielle…

Dans l’univers des fablabs dans lequel je travaille, nous avons tous entendu et vu l’évolution de l’impression 3D alimentaire.
Par exemple, le super projet de Marine CakeWalk3D : un extrudeur alimentaire pour votre imprimante 3D. On peut imprimer du chocolat, faire des pizzas, des pâtes… mais c’est encore onéreux et pas très répandu. L’idée a vite été évacuée.

Et moi dans tout ça ?

Dans toute cette analyse, je me sentais un peu perdu. Je n’allais quand même pas vous proposer un article Thermomix… pourtant je respecte bien le thème. J’ai poursuivi ma réflexion. En quoi vous montrer les bienfaits d’un robot cuisine n’est pas maker ? 

Bienvenue dans le retour des réflexions sans fin du poussin, comment être un maker dans sa cuisine ? Toujours au Roselab, le fablab de La Cité, comme d’habitude, le résultat n’est pas garanti… mais voici mes créations : des moules, emporte-pièces et un tablier.

Faire ou ne pas faire : affronter les limites de sa créativité

La cuisine, c'est un savoir-faire. La fabrication numérique peut créer des outils pour faire mais attention l'alimentation, c'est notre santé. On fait attention !

Être maker, je vous l’ai déjà écrit c’est faire par soi-même, avec les autres et se sentir maker. La fabrication numérique donne à tous la possibilité de fabriquer, d’augmenter nos savoir-faire et d’améliorer des processus créatifs ou des outils.

La question du robot cuisine est donc assez complexe… tout comme l’imprimante 3D, on lui met les bons ingrédients, le bon programme et les bonnes conditions pour que la machine se charge du reste…Fais par moi-même ou pas ? Reconnaissons que la limite est trouble.

Créer mon propre robot de cuisine, ma propre imprimante 3D alimentaire : trop de temps, trop complexe…  Je souhaite surtout montrer dans ces articles les possibles permis par la fabrication numérique et comment on peut les utiliser facilement et rapidement.

Toucher à l’alimentation, c’est toucher à la santé. L’objectif est quand même de consommer nos créations…
Il faut bien se renseigner, trouver les personnes expertes à qui demander de l’aide et ce n’est pas si facile quand le domaine n’est pas si répandu. Je vous conseille d’aller jeter un œil sur l’Atelier de Laminiak ou la Pâtisserie numérique de Marine. 

Pour cet article je me suis donc plutôt concentré sur la partie “augmenter mes savoir-faire” et “comment aller plus loin dans ma créativité” : des choses simples où je pouvais contrôler ce que je faisais. Dans mon cas, ce fut une véritable aventure et une révélation, j’aime cuisiner ! 

Bien s'outiller pour faire

Emporte-pièce imprimé en 3D.
En moins de 15 minutes, j'ai imprimé cet emporte-pièce "Faire" trop mignon et efficace ! Encore fallait-il faire attention au filament à utiliser...

Impression 3D

Après m’être longuement renseigné, j’ai donc appris que l’impression 3D pour la création de moule alimentaire est tout à fait possible si on utilise le bon filament. Le PLA naturel à base d’amidon de maïs est fortement recommandé.

J’ai demandé à l’équipe d’EmotionTech, un fabricant d’imprimants 3D toulousain, quel était le meilleur filament avec le moins d’additifs possibles.

Découpe laser

C’est en lisant des articles, et en toute logique, que je me suis  lancé. Le marquage naturel peut être effectué sur presque tous les produits alimentaires. Le marquage laser direct est effectué sans contact de sorte qu’il n’y ait pas d’impact sur la qualité, le goût ou la durée de conservation de l’aliment. Pas mal !

La matière première

Le plus difficile fut le choix d’un bon chocolat. Il faut trouver le compromis entre du chocolat à tester et du chocolat de très bonne qualité pour avoir un résultat optimum. Par exemple, j’ai appris que pour faire ses propres formes de chocolat, le mieux est d’utiliser du chocolat de couverture. Il contient un tiers de beurre et une qualité incroyable dans sa composition, parfait pour se mouler ! Donc assez compliqué à trouver et coûteux.
Travailler avec des matières naturelles, c’est tout un savoir-faire !

Faire des créations culinaires

Les réussites, tout comme les échecs, sont de formidables moments makers tant que l’on sait les réutiliser à bon escient.

J’ai beaucoup fait pour cet article mais aussi beaucoup raté. Je compte sur vous pour garder à l’esprit que je ne suis pas un expert de la cuisine avec des outils numériques. Il faut donc continuer à tester, se documenter et partager !

Faisons le ensemble !

Faire des emporte-pièces en impression 3D

Emporte-pièces imprimés en 3D.

Personnaliser ses emporte-pièces, leurs donner la forme que l’on veut, les refaire autant qu’il nous plaît… c’est possible grâce à l’impression 3D. Le must ? C’est facile ! 

L’imprimante 3D fabrique tout ce que l’on veut. Il vous suffit d’une idée et surtout, une pâte assez facile à travailler (molle) car cela reste du plastique donc une force mécanique faible. Des sablés, c’est parfait !

Il faut simplement prévoir des bords épais, un motif en miroir et bien calculer la taille du motif pour ne pas tout couper en exerçant la pression sur votre pâte.
Prévoyez tout de même suffisamment d’espace dans vos motifs pour bien le nettoyer à la main et l’eau tiède (et oui, le plastique ça fond !). On laisse l’emporte-pièce le moins possible avec la pâte et ainsi laisser le moins de particules fines possibles, on sait jamais.
On cuit et on déguste. 

Le tour est joué, je valide !

Faire à manger avec une découpe laser

La découpe laser permet de personnaliser toutes les matières tendres donc du chocolat !

Le marquage direct ou naturel remplace les emballages plastiques ou les autocollants nuisibles pour l’environnement. En outre, le marquage des aliments ou le marquage naturel offre la possibilité d’appliquer les logos ou des marquages personnalisés. Top, n’est-ce-pas ? 

Niveau chocolat, c’est plus difficile. On vient marquer directement la matière à consommer. Il faut donc prévoir (beaucoup) de tests pour trouver la bonne formule de vitesse et de puissance pour éviter d’altérer le goût ou brûler la matière. Tout est affaire de réglages et cela va vite. On ne peut pas non plus découper directement le chocolat. 

Au bout de la troisième tablette de chocolat, j’ai réussi à personnaliser mon chocolat sans avoir ce goût brulé mais ce n’est pas, selon moi, satisfaisant.

Plus futile qu’esthétique, on passe son chemin !

Faire des moules à chocolat en impression 3D

On ne peut pas découper numériquement son chocolat mais on peut faire des moules ! Réutilisables, personnalisés, pratiques, rapides… les avantages sont nombreux niveau impression 3D et pâtisserie ! 

Attention, ce n’est vraiment pas facile.
Il faut savoir :

  • Concevoir un moule à imprimer avec ses dépouilles,
  • Trouver le bon filament souple et alimentaire,
  • Acheter le bon chocolat de couverture…

Compliquée l’histoire ! 

Le pire ? Le résultat a été un fail complet. Mes motifs ne sortent pas bien… 

C’est possible mais c’est pas facile ! 

Conclusion : Le chef Cactus se révèle !

Ma réponse à la question "qu'est-ce qu'une cuisine maker ?"

C’est une cuisine où l’on fait par soi-même et qu’on aime à partager. Tout savoir-faire est maker, il suffit de le dire ! 

Cuisine et fabrication numérique : ce que j'ai aimé

  • Dépasser mes limites

C’est pour cela que je suis maker : continuer à expérimenter, découvrir des domaines et des savoir-faire, augmenter mes compétences… ! J’ai pris énormément de plaisir à faire de la pâtisserie. Ce savoir-faire ressemble beaucoup à la fabrication numérique. Il faut être précis, logique et méthodique. J’adore ! 

  • Râter

Le succès n’est pas tout le temps là et alors ? J’ai fabriqué, j’ai rencontré de nouvelles personnes et des savoir-faire, j’ai été maker ! Attention encore une fois, toucher à l’alimentaire c’est toucher à notre santé, on fabrique bien renseigné. 

  • Faire

J’ai tellement aimé que je vais continuer. Que serait un chef sans son tablier ? Et oui, faire la cuisine c’est avoir les bons outils, un tablier fait intégralement maison et brodé c’est important. On se sent bien, on se sent prêt à tout fabriquer, on se sent maker ! 

Signé le poussin devenu pour quelques essais le Chef Cactus ! 

Le Chef Cactus est révélé ! Il a son tablier personnalisé, il est prêt à tout fabriquer !

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